Cinq jours, plus de deux mille kilomètres parcourus et trois régions visitées. La tournée du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a conduit la délégation gouvernementale à Kédougou, Tambacounda et Kaffrine. Une mission de terrain destinée à évaluer les performances de la campagne agricole 2024-2025 et à recueillir les enseignements du monde rural.
À l’issue de ce périple, le ministre a salué l’engagement de l’administration territoriale et la résilience des producteurs. « Cela fait cinq ans que nous sommes dans le monde rural, cinq jours, plus de 2000 kilomètres, ensemble avec les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets. Je vous remercie infiniment, monsieur le gouverneur. L’administration territoriale est encore très, très, très vaillante, qui fait un brillantissime travail », a-t-il déclaré.
Le Dr Mabouba Diagne a rappelé le soutien de l’État à travers un financement renforcé. « Son Excellence le Président de la République nous avait accompagnés l’année dernière avec 120 milliards de budget, cette année-ci avec un budget record de 130 milliards », a-t-il indiqué. Ces ressources ont permis, selon lui, de distribuer « des semences de qualité en quantité et en qualité » ainsi que des engrais « dans l’histoire du Sénégal, on n’a jamais vu ça ».
Le ministre a mis en avant les efforts conjoints du gouvernement et du secteur privé pour garantir la disponibilité des intrants. « On a amené à temps 120.000 tonnes d’urée et on s’est battus avec l’ensemble de mes collègues ministres pour les distribuer à temps. Le bon Dieu aussi a été au rendez-vous, il a plu, alhamdoulilah, mais nos braves paysans et nos braves éleveurs ont aussi mouillé le maillot », s’est-il réjoui.
Sur le plan des résultats, les estimations font état d’une production d’arachides dépassant « la barre de 900.000 tonnes ». Le maïs atteint 634.000 tonnes, tandis que le coton progresse de 15.000 à 25.000 tonnes, soit une hausse de 65%. Les cultures de riz dans la vallée affichent des rendements record, atteignant « jusqu’à 10 tonnes à l’hectare ». Quant à la banane, « le Sénégal a effleuré cette année les 112.000 tonnes ».
Les effets de cette performance se font déjà sentir. « Pour la première fois, si je ne me trompe pas, dans l’histoire du Sénégal, pendant 12 mois on n’a pas importé un seul kilogramme de pommes de terre », a-t-il indiqué. Il y voit en cette donnée, un signe de la consolidation de la souveraineté alimentaire.
Le ministre a toutefois rappelé les défis persistants, notamment l’accès à l’eau. « Je lance un appel aux autorités : faisons de l’accès universel à l’eau pour les paysans et les producteurs une priorité. Tant que les paysans dépendent de la pluie, c’est très aléatoire à cause des changements climatiques ». Il a évoqué la possibilité de forages profonds dans chaque commune rurale et la création de coopératives agricoles communautaires.
Concernant la gestion des intrants, le Dr Mabouba Diagne a souligné la nécessité d’une gestion proactive : « Devons-nous attendre jusqu’au mois d’août pour distribuer les intrants ? Les paysans n’ont pas assez d’argent à ce moment-là ». Il a proposé la mise en place de comptes électroniques qui permettraient aux producteurs d’épargner après la vente de leurs récoltes afin de préparer la campagne suivante.
Enfin, le ministre a insisté sur la place des femmes dans le dispositif agricole. « L’année dernière, les femmes avaient 20 % des intrants. Cette année-ci, non seulement j’envisage fortement de l’augmenter, mais je vais aussi amener des modifications ». Il a annoncé la création d’une commission composée exclusivement de femmes pour garantir que « le quota que je vais augmenter pour les femmes, les femmes vont le recevoir ».